31

En s’éloignant de la petite gare rouge de Peekskill, Nora regrettait presque de ne pas avoir emporté ses lunettes de soleil. Une pluie fine tombait sur New York lorsqu’elle avait pris place à bord du train à Grand Central, mais à son arrivée, c’est tout juste si de rares nuages glissaient timidement dans le ciel clair. Peekskill était une bourgade calme de vingt mille âmes, à une trentaine de kilomètres au nord de New York. Sur la rue principale, les maisons en briques tournaient leurs façades vers l’eau de l’Hudson tandis que les rues perpendiculaires grimpaient vers l’hôtel de ville et la bibliothèque municipale. Tout en haut de la colline, les maisons du vieux Peekskill dominaient la vallée, leurs pelouses étroites parsemées d’arbres centenaires. Quelques pavillons plus récents, un garage et un petit supermarché hispano-américain apportaient une touche d’exotisme à ce vieux quartier aux allures désuètes. Face aux avancées discutables du progrès, Peekskill préservait sa dignité tant bien que mal.

Nora jeta un œil aux indications données par Clara McFadden au téléphone, puis elle s’engagea sur Central Avenue avant de tourner à gauche sur Washington Street en direction de Simpson Place, sa vieille serviette en cuir à la main. La rue était très en pente et elle ne tarda pas à être essoufflée. De l’autre côté de l’Hudson, on apercevait les contreforts de Bear Mountain à travers un patchwork d’arbres jaunes et rouges flamboyants, piqué du vert foncé des épicéas.

La maison de Clara McFadden était une vieille bâtisse du XVIIIe avec un toit d’ardoises, deux tourelles et des bow-windows. Un porche orné dune frise ouvragée courait tout autour de la maison. Le vent soufflait en rafales et des tourbillons de feuilles mortes accueillirent Nora lorsqu’elle s’engagea dans l’allée. Elle gravit les quelques marches du porche et sonna à la porte.

Une minute s’écoula, puis deux. Nora s’apprêtait à sonner à nouveau lorsqu’elle se souvint que la vieille femme lui avait recommandé d’entrer sans attendre d’y être invitée.

Elle tourna la lourde poignée de laiton et ouvrit la porte qui fit entendre un bruit de gonds mal huilés, puis elle pénétra dans le vestibule et accrocha son manteau à l’unique patère. La vieille maison sentait le chat et la poussière. Dans le demi-jour, en face d’un escalier aux marches usées, elle distingua une arcade lambrissée conduisant à ce qui devait être un salon.

D’une voix étonnamment puissante pour son âge, la maîtresse de maison l’invita à la rejoindre.

Nora fit quelques pas et s’arrêta sur le seuil, le temps de s’habituer à l’obscurité. De lourds rideaux de velours vert à pompons dorés occultaient les fenêtres, empêchant la lumière de cette belle journée de pénétrer dans la pièce. Au bout de quelques instants, elle aperçut une très vieille femme vêtue d’une robe de crêpe noir, confortablement installée dans une bergère victorienne. Son visage blafard et ses mains blanches formaient des taches claires dans la pénombre. La vieille demoiselle gardait les yeux mi-clos.

— N’ayez pas peur, fit-elle sans quitter son fauteuil.

Nora s’avança. Une main blême lui fit signe de s’installer dans une autre bergère à l’appuie-tête recouvert de dentelle.

— Asseyez-vous.

Nora s’assit avec précaution, soulevant un nuage de poussière. Un chat caché derrière un rideau passa en flèche à côté d’elle avant d’aller se perdre à l’autre bout de la pièce.

— Je vous remercie d’avoir accepté de me recevoir, commença Nora.

La vieille femme leva la tête dans un bruissement soyeux.

— Qu’attendez-vous de moi, mon enfant ?

Nora ne s’attendait pas à une question aussi directe, ni au ton autoritaire de son interlocutrice.

— Comme je vous l’ai expliqué au téléphone, mademoiselle McFadden, j’aurais quelques questions à vous poser au sujet de votre père, Tinbury McFadden.

— Je vous demanderai de me redire votre nom, ma petite. Je ne suis qu’une pauvre vieille femme à qui sa mémoire joue des tours.

— Je m’appelle Nora Kelly.

La main décharnée de la vieille demoiselle tira la chaînette d’une lampe installée près de son siège. Une lumière jaune jaillit, tamisée par un grand abat-jour chargé, qui permit enfin à Nora de voir son interlocutrice. Elle avait un visage émacié fortement ridé, et la transparence de sa peau parcheminée faisait ressortir le bleu de ses veines.

La vieille femme l’observa pendant de longues secondes avant d’éteindre la lampe.

— Je vous remercie, mademoiselle Kelly. Que souhaitez-vous savoir exactement sur mon père ?

Nora sortit de sa serviette les notes prises à la hâte dans le train. Elle avait bien fait de préparer ses questions, car la vieille femme l’intimidait fortement.

Clara McFadden se pencha vers la petite table installée à côté de sa bergère afin de prendre un flacon à l’ancienne, comme les pharmaciens en vendaient autrefois. Elle en versa quelques gouttes dans une petite cuillère, dont elle avala le contenu avant de reposer le flacon. Un chat noir, peut-être celui de tout à l’heure, en profita pour sauter sur ses genoux. La vieille demoiselle le caressa et le chat se mit à ronronner de plaisir.

— Si je ne me trompe, votre père a été l’un des premiers conservateurs du Muséum d’histoire naturelle de New York. Il avait un collègue du nom de John Canaday Shottum, propriétaire d’un cabinet de curiosités dans le quartier de Five Points à Manhattan.

La vieille femme l’écoutait attentivement, immobile.

— Il connaissait également un scientifique nommé Leng. Enoch Leng.

À ce nom, Clara McFadden sursauta. Elle se ressaisit aussitôt et demanda d’une voix tranchante :

— Leng ? Qu’a-t-il à voir là-dedans ?

— J’aurais aimé savoir si vous le connaissiez, ou bien si vous aviez des lettres ou des documents le concernant.

— Pour le connaître, je le connais, répondit-elle sèchement. C’est lui qui a assassiné mon père.

C’était au tour de Nora de sursauter. Jusqu’alors, on avait toujours évoqué la disparition de McFadden, sans autre forme d’explication.

— Vous avez bien dit « assassiné » ? reprit-elle.

— Oh, je sais bien ce qu’on a dit à l’époque. On a prétendu qu’il avait disparu, mais c’est complètement faux.

— Comment le savez-vous ?

— Comment ? Eh bien, je vais vous l’expliquer, répondit la vieille demoiselle dans un bruissement de crêpe.

Elle alluma la lampe et désigna à Nora une photographie ancienne dans un cadre ovale, le portrait jauni d’un jeune homme vêtu d’un costume sévère. Il souriait largement, faisant briller deux dents de métal ; un bandeau placé sur l’œil droit lui dormait un air légèrement canaille. Tout comme Clara McFadden, il avait le front étroit et les pommettes saillantes.

— Cette photo a été prise peu après que mon père eut perdu son œil à Bornéo, reprit la vieille femme, dissimulant mal son irritation. C’était un grand collectionneur, vous savez. Jeune homme, il avait passé plusieurs années de sa vie dans les colonies britanniques d’Afrique, et il avait rapporté une collection impressionnante de mammifères et d’objets indigènes. À son retour à New York, il a été nommé conservateur du Muséum d’histoire naturelle, fondé peu de temps auparavant par l’un de ses collègues du Lycéum. Les choses ont beaucoup changé depuis, mademoiselle Kelly, comme vous pouvez vous en douter. La plupart des conservateurs de l’époque étaient des amateurs éclairés au sens noble du terme, à commencer par mon père, mais peu d’entre eux étaient de véritables scientifiques. Mon père s’est toujours intéressé aux bizarreries de la nature. Vous avez fait allusion tout à l’heure au cabinet de curiosités de J. C. Shottum, c’est bien ça ?

— Oui, tout à fait.

Nora s’appliquait à noter sur un petit carnet les explications de la vieille demoiselle. La conversation s’annonçait passionnante, et elle regrettait de ne pas avoir pensé à prendre un magnétophone.

— Il en existait un certain nombre à New York à l’époque, mais le Muséum leur a fait beaucoup de tort et mon père a été chargé de racheter leurs collections. Il connaissait un grand nombre de propriétaires de cabinets de curiosités : la famille Delacourte, Phineas Barnum, les frères Cadwalader, ou encore John Canaday Shottum.

La vieille femme s’interrompit pour avaler une nouvelle gorgée de son mystérieux élixir. Comme la lampe était restée allumée, Nora parvint à lire l’étiquette et vit qu’il s’agissait d’un fortifiant à base de plantes, le Tonique Végétal de Lydia Pinkham.

— Oui, le Cabinet d’éléments naturels et de curiosités Shottum, répondit-elle.

— Exactement. Les scientifiques étaient peu nombreux à ce moment-là, et ils se retrouvaient tous au Lycéum. Ce n’étaient pas tous de grands savants, loin s’en faut, mais enfin, c’était comme ça. Shottum était donc membre du Lycéum, mais c’était un homme de foire avant d’être un scientifique. Il avait ouvert un cabinet sur Catherine Street pour lequel il demandait un droit d’entrée très modeste. À l’inverse de beaucoup de ces cabinets, celui-ci s’adressait aux classes populaires, car Shottum avait l’ambition d’élever les masses en les éduquant. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il avait ouvert son cabinet dans un quartier aussi mal fréquenté. Il considérait l’histoire naturelle comme un moyen de former la jeunesse. Quoi qu’il en soit, il avait besoin d’aide pour la classification et l’identification de ses collections, achetées à la famille d’un jeune explorateur tué par les indigènes à Madagascar.

— Alexander Marysas.

La vieille demoiselle hocha la tête avant d’éteindre la lumière, plongeant la pièce dans l’obscurité.

— Vous avez l’air de fort bien connaître toute cette histoire, mademoiselle Kelly, fit-elle d’un air soupçonneux. J’espère que je ne vous ennuie pas avec mon récit.

— Non, bien au contraire. Je suis impatiente d’entendre la suite.

— Le cabinet de Shottum ne présentait pas un intérêt majeur. Mon père aidait Shottum de temps en temps, sans s’intéresser vraiment à ses collections qu’il jugeait trop disparates. Pour attirer le public des quartiers populaires, en particulier les gamins des rues, il avait volontiers recours au sensationnel. Il avait même eu l’idée de constituer ce qu’il appelait sa Galerie des monstres. Si je me souviens bien, il s’était inspiré du Musée des Horreurs de Madame Tussaud. On racontait que les gens qui y entraient n’en ressortaient pas toujours, ce qui était faux, bien évidemment. Je soupçonne même Shottum d’avoir propagé la rumeur lui-même dans le but d’attirer les badauds.

Clara McFadden s’arrêta un instant pour tousser dans un mouchoir de dentelle.

— C’est à peu près à cette époque qu’un certain Leng est arrivé au Lycéum. Enoch Leng, ajouta-t-elle d’un ton amer.

— Vous avez donc connu Leng ? demanda Nora, le cœur battant.

— Mon père parlait souvent de lui. Surtout vers la fin. Mon père, comme vous avez pu le constater sur ce portrait, était borgne et avait de mauvaises dents. Leng s’est montré très utile dans un premier temps. En particulier, il lui a fabriqué des bridges en métal avant de réaliser à son intention une paire de lunettes spéciales à sa vue. Leng était un touche-à-tout de génie, il faut bien le reconnaître.

Elle remit son mouchoir dans sa manche et avala une nouvelle cuillère de son élixir miracle.

— Toutes sortes de bruits couraient à son propos. On a dit qu’il était né en France dans une petite ville proche de la frontière belge, que c’était un baron de vieille noblesse française. Les scientifiques adorent les ragots, vous savez. À l’époque, New York était encore une ville provinciale, et Leng y a fait sensation dès son arrivée. Personne n’aurait songé à remettre en cause ses connaissances. Il se faisait appeler docteur, et on racontait qu’il était chimiste et chirurgien.

Clara McFadden parlait d’un ton plus acide que jamais. Sur ses genoux, le chat ronronnait paisiblement.

— Shottum recherchait un conservateur pour son cabinet. Leng a proposé ses services, ce qui a surpris beaucoup de gens, étant donné l’intérêt très limité du cabinet Shottum. En tout cas, Leng a fini par prendre ses quartiers au dernier étage de l’immeuble de Catherine Street.

Les souvenirs de la vieille demoiselle recoupaient en tous points les circonstances décrites dans la lettre de Shottum.

— À quelle époque tous ces événements se sont-ils déroulés ? demanda Nora.

— Au printemps 1870.

— Leng habitait-il l’immeuble de Catherine Street ?

— Un homme de son éducation, habiter Five Points ? Vous n’y pensez pas. Mais c’était un personnage très discret, je dirais même secret. Très guindé, aussi, dans sa façon de s’exprimer comme dans ses rapports avec les autres, de sorte que personne n’a jamais su où il vivait. Pas même mon père. Leng n’était pas le genre d’homme à se laisser aller à des confidences. Il passait le plus clair de son temps au Cabinet Shottum ou au Lycéum. Si mes souvenirs sont exacts, il était question au départ qu’il s’occupe du Cabinet de manière provisoire, mais il a fini par rester. Shottum était très content de lui car Leng cataloguait les collections avec beaucoup d’intelligence, rédigeant des fiches pour chaque objet. Mais il s’est ensuite produit quelque chose, mon père n’a jamais su quoi exactement, et Shottum a commencé à avoir des soupçons au sujet de Leng. D’après mon père, il aurait voulu s’en débarrasser, mais il n’osait pas. En outre, Leng lui versait un loyer tout à fait conséquent et Shottum avait besoin de cet argent.

— Savez-vous exactement à quel genre d’expériences s’adonnait Leng ?

— Sans doute la même chose que tous les autres. Tous ces hommes de sciences avaient un laboratoire, mon père le premier.

— Vous dites que votre père n’a jamais su pourquoi Shottum se méfiait de Leng.

Si c’était le cas, cela signifiait clairement que la lettre dissimulée dans le pied d’éléphant n’était jamais parvenue à McFadden.

— C’est exact. Je dois dire que mon père n’a jamais insisté. Shottum était lui-même un personnage assez excentrique. Il prenait de l’opium, et il était sujet à des crises de mélancolie. Mon père le soupçonnait même de ne pas avoir toute sa tête. Bref, un soir de l’été 1881, le Cabinet Shottum a été entièrement détruit par les flammes. L’incendie s’est propagé avec une telle rapidité qu’on n’a retrouvé de Shottum que quelques ossements calcinés. L’incendie, attribué à une lampe à gaz défectueuse, aurait pris au rez-de-chaussée.

Clara McFadden émit un petit grognement.

— Vous ne semblez pas convaincue.

— Mon père était persuadé que Leng avait allumé cet incendie.

— Pouf quelle raison ?

La vieille femme haussa les épaules.

— Il n’a pas cru bon de me le dire, marmonna-t-elle. Quoi qu’il en soit, Leng a brusquement disparu des cercles savants. Il a cessé de se rendre aux assemblées du Lycéum à peu près à l’époque de l’incendie et il n’allait plus au Muséum, de sorte que mon père l’a perdu de vue. Jusqu’à ce qu’il reparaisse trente ans plus tard.

— À quelle époque précisément ?

— Pendant la Grande Guerre. J’étais encore petite fille, mon père s’étant marié sur le tard. Il a reçu un jour une lettre de Leng. Une lettre charmante dans laquelle il lui proposait de le revoir. Mon père a refusé et Leng a insisté. Il venait au Muséum, assistait aux conférences que donnait mon père et passait beaucoup de temps dans les archives du Muséum. Mon père en était très perturbé, il finissait même par avoir peur. Il en a parlé à certains de ses confrères du Lycéum. Je pense à des gens comme John Henry Perceval et Dumont Burleigh desquels il se sentait très proche, et qui sont venus plusieurs fois à la maison vers la fin.

— Si je comprends bien, demanda Nora tout en noircissant les pages de son petit carnet, vous n’avez jamais rencontré Leng.

La vieille femme marqua une courte pause.

— Si. Une seule fois. Il est venu chez mes parents un soir, très tard. Il avait un spécimen pour mon père, mais celui-ci a refusé de lui ouvrir sa porte et Leng est reparti en laissant à un domestique l’objet qu’il avait apporté. Un objet des mers du Sud sans grande valeur.

— Que s’est-il passé ensuite ?

— Mon père a disparu le lendemain.

— Et vous êtes persuadée que Leng était responsable de sa disparition.

— Oui.

— Comment, à votre avis ?

Clara McFadden tapota ses cheveux blancs tout en fixant Nora de ses yeux vifs.

— Ma chère enfant, comment le saurais-je ?

— Et surtout, pourquoi Leng l’aurait-il fait disparaître ?

— Je suis convaincue que mon père avait découvert quelque chose de grave le concernant.

— Je suppose que le Muséum a demandé à la police de faire une enquête.

— Personne n’avait vu Leng au Muséum. Personne ne l’a vu en compagnie de mon père. On n’a rien pu prouver et les gens ont préféré se taire. Y compris Perceval et Burleigh. Il était tellement plus commode de traîner le nom de mon père dans la boue en faisant courir le bruit qu’il s’était enfui pour une raison quelconque. Je n’étais qu’une très jeune fille à l’époque. Par la suite, j’ai demandé qu’on rouvre l’enquête, mais comme je ne disposais d’aucun élément nouveau, ma requête a été rejetée.

— Que pensait votre mère de toute cette affaire ? Qui soupçonnait-elle ?

— Elle était déjà morte au moment du drame.

— Sait-on ce qu’il est advenu de Leng ?

— Personne ne l’a jamais plus revu par la suite.

Nora se décida enfin à poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis un moment.

— À quoi ressemblait Leng ?

Clara McFadden réfléchit longuement avant de répondre.

— Je n’oublierai jamais son visage, finit-elle par articuler. Avez-vous lu La Chute de la maison Usher d’Edgar Poe ? J’y ai découvert une description qui m’a beaucoup impressionnée. Une description qui correspond en tous points à celle de Leng. Je m’en souviens encore par cœur : « Un teint cadavéreux, un œil large, liquide et lumineux au-delà de toute comparaison... un menton d’un modèle charmant, mais qui, par un manque de saillie, trahissait un manque d’énergie morale. » Leng avait les cheveux blonds, les yeux bleus, un nez aquilin. Il portait des manteaux à l’ancienne et s’habillait de façon très austère.

— Vous dressez de lui un portrait incroyablement vivant.

— Leng est le genre de personne que l’on n’oublie pas. Et pourtant, c’est encore sa voix qui reste la plus présente dans ma mémoire. Une voix grave et métallique, avec un fort accent. Quand il parlait, on aurait dit deux personnes parlant à l’unisson.

Il régnait dans le salon une atmosphère pesante. Nora en avait la gorge nouée. Il était temps de prendre congé.

— Merci infiniment d’avoir accepté de répondre à mes questions, mademoiselle McFadden.

— J’aurais aimé comprendre les raisons qui vous poussent à vous intéresser à cette vieille histoire, lança la vieille femme à brûle-pourpoint.

Elle n’avait probablement pas lu l’article de Smithback dans le New York Times, ni même entendu parler des crimes commis par le Chirurgien. Nora ne se sentait pas le cœur à troubler la vieille femme, perdue dans ses souvenirs au milieu de ce décor victorien.

— J’effectue actuellement des recherches sur l’histoire des cabinets de curiosités.

— Un sujet passionnant, ma chère enfant. Mais un sujet qui pourrait se révéler dangereux. Très dangereux, même, ajouta Clara McFadden, sondant la jeune femme de ses yeux inquisiteurs.

[Aloysius Pendergast 03] La chambre des curiosités
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